Le monde est rempli d’escrocs.

Le crime organisé représente jusqu’à 5 milliards de dollars par année, et une part importante de cette somme provient de l’extorsion : l’art d’obtenir de l’argent ou des biens en menaçant les gens de conséquences encore plus graves.

À l’ère numérique, l’extorsion prend de nombreuses formes. Certaines fraudes exploitent l’avidité ou la détresse financière des victimes, d’autres la peur, d’autres encore la confusion — et certaines misent sur les trois à la fois. Souvent, la menace provient d’un « méchant en coulisses » : un pirate informatique ou un criminel fictif contre lequel le véritable fraudeur — la personne qui vous parle — prétend vous protéger.

Apprenez à connaître les extorqueurs avant qu’ils ne vous connaissent.

Les fraudes d’extorsion prennent de nombreuses formes, mais elles reposent toutes sur des comportements humains remarquablement similaires : manipuler la peur, l’urgence, la confiance et la confusion afin de pousser les gens à prendre de mauvaises décisions.

Jetons donc un coup d’œil aux Cinq Grandes Fraudes : les principales tactiques d’arnaque qui dominent actuellement le monde de l’extorsion.

Les cinq grandes fraudes

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1. La fraude du « compte sécurisé »

Cette technique d’extorsion exploite la peur et un faux sentiment d’urgence. On l’appelle également la fraude du « votre argent est en danger ». L’escroc prétend généralement être un représentant du gouvernement, un policier, un employé de banque ou un technicien du soutien informatique. Il vous informe que vos comptes bancaires ou de placement ont été compromis et vous offre une solution de dernière minute pour sauver votre argent : retirer de l’argent comptant ou l’utiliser pour acheter de l’or physique. Il promet ensuite de conserver ces actifs dans un compte sécurisé et envoie un « messager » récupérer l’argent ou l’or auprès de la victime.

Hum… qui tomberait dans un piège pareil?

Vous seriez surpris du nombre de personnes qui s’y font prendre. Il peut sembler invraisemblable qu’une personne remette de grosses sommes d’argent ou de l’or à un parfait inconnu. Mais lorsqu’on est confronté à une crise extraordinaire, hors de nos repères habituels, on peut finir par faire des choses extraordinaires. Cette fraude vise souvent des personnes âgées de plus de 60 ans, qui ne sont pas toujours au fait des mesures de sécurité bancaire modernes et qui peuvent être facilement intimidées par des personnes au ton autoritaire utilisant un langage technique. Elles peuvent également être particulièrement inquiètes pour la sécurité de leurs économies.

À retenir :

Personne ayant de bonnes intentions ne vous demandera jamais d’acheter de l’or, de retirer de l’argent comptant, de transférer de l’argent dans un « compte sécurisé » ou de remettre vos objets de valeur à un messager. La personne qui vous demande de faire ce genre de chose n’est ni un collègue de Sappi, ni un employé de banque, ni un représentant du gouvernement, ni un agent des forces de l’ordre. C’est un escroc. Ne répondez à aucune de ses sollicitations.

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2. La fraude du bombardement de pourriels (Spam Bomb)

Dans ce scénario, l’escroc se fait passer pour un technicien du soutien informatique et communique généralement avec vous sur Microsoft Teams immédiatement après que votre boîte de réception professionnelle ait été inondée de courriels indésirables.

Il prétend pouvoir arrêter le bombardement, mais pour y parvenir, vous devez lui accorder l’accès à votre écran, votre clavier et votre curseur au moyen d’une application d’accès à distance comme Quick Assist ou AnyDesk. L’escroc prend alors le contrôle de votre appareil : il installe un rançongiciel pour prendre des données sensibles en otage ou recueille vos identifiants de connexion pour accéder à des services bancaires personnels ou à des processus de paiement d’entreprise que vous autorisez.

La méthode : semer la confusion, puis rassurer.

Les auteurs de bombardements de pourriels profitent de la panique qui survient lorsque notre vie — ou, dans ce cas-ci, notre boîte de réception — semble soudainement hors de contrôle. Chaque fois que nous nous demandons « qu’est-ce qui se passe donc? », nous sommes plus enclins à obéir à quelqu’un qui nous dit : « ne vous inquiétez pas, je m’en occupe. »

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À retenir :

Si vous êtes victime d’un bombardement de pourriels, communiquez avec le véritable service de soutien informatique de Sappi. Ne partagez pas votre écran à moins d’avoir vous-même initié le contact au moyen des canaux de soutien approuvés par Sappi.

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3. La fraude de redirection de paiement

Il s’agit d’une fraude d’usurpation d’identité classique qui ne repose pas nécessairement sur la peur. L’escroc se fait simplement passer pour un fournisseur ou un bénéficiaire habituel de l’entreprise qui reçoit normalement des virements électroniques de fonds (TEF) ou des transferts bancaires. (Pour ce faire, il pirate le compte de courriel du bénéficiaire ou falsifie son adresse courriel et sa signature.)

Il envoie ensuite un courriel à l’employé responsable des paiements à ce fournisseur en demandant un transfert ponctuel et — élément crucial — la redirection du paiement en « mettant à jour » les coordonnées bancaires du bénéficiaire. Parfois, un sentiment d’urgence est ajouté. D’autres fois, la demande paraît tout à fait banale.

À retenir :

Toute demande visant à modifier ou mettre à jour les coordonnées bancaires d’un fournisseur doit être vérifiée immédiatement. Les numéros de compte d’entreprise n’expirent pas et ne nécessitent pas de mises à jour régulières comme les cartes de crédit personnelles.

Même si les adresses courriel semblent correspondre, ne donnez pas suite à la demande. Consultez un gestionnaire pour obtenir un deuxième avis. Communiquez également avec le bénéficiaire en utilisant un numéro de téléphone de confiance — et non celui indiqué dans le courriel suspect — pour vérifier la transaction. Demandez-lui d’expliquer précisément pourquoi il change de compte bancaire et pourquoi un paiement rapide est requis.

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4. Les fraudes de type « Pig Butchering » et les fausses plateformes de cryptomonnaie

Ces fraudes sont aussi désagréables que leur nom le laisse entendre. L’escroc établit graduellement une relation de confiance avec une personne inconnue au moyen de discussions en ligne apparemment amicales — une étape appelée « engraisser le cochon » — avant de l’inciter à investir dans une fausse plateforme de cryptomonnaie ou dans un stratagème pyramidal classique.

Le premier contact prend souvent la forme d’un message envoyé au mauvais numéro ou d’un message sur une application de rencontre. S’ensuivent de nombreuses conversations amicales et flatteuses… puis des commentaires anodins sur les profits impressionnants réalisés grâce aux cryptomonnaies et sur un mode de vie luxueux.

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Le piège de l’initié.

Dans un monde financier qui semble gouverné par l’information privilégiée, de nombreuses victimes sont facilement convaincues que des rendements spectaculaires existent et qu’ils sont gardés secrets. Les placements prudents et raisonnables paraissent alors réservés aux perdants.

La victime veut participer et investit d’abord de petites sommes. Elle reçoit rapidement quelques modestes « profits » afin de renforcer sa confiance. Une fois qu’un investissement important est effectué, une forme d’extorsion plus traditionnelle peut survenir (par exemple, le paiement de « taxes » ou de « frais » pour débloquer les profits).

Puis vient le moment de « l’abattage » : le contact disparaît comme par magie, tout comme la plateforme de cryptomonnaie… et l’argent de la victime.

À retenir :

Si une personne inconnue en ligne vous encourage à investir, à transférer de l’argent, à utiliser des cryptomonnaies ou à télécharger une application de transaction financière, ne donnez pas suite. Arrêtez-vous, prenez du recul et faites vos recherches. Considérez qu’il s’agit d’une fraude jusqu’à ce que vous ayez vérifié de façon indépendante que ce n’en est pas une. N’oubliez pas : les personnes qui ont réellement trouvé une façon lucrative d’investir n’ont aucune bonne raison de partager leurs secrets avec des inconnus.

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5. L’usurpation d’autorité

Ce type de fraude utilise des techniques sophistiquées pour se faire passer pour des figures d’autorité — policiers, représentants du fisc, fonctionnaires gouvernementaux, institutions bancaires, auditeurs ou dirigeants — afin de pousser les victimes à remettre de l’argent.

La peur de l’autorité et un sentiment d’urgence extrême sont les émotions exploitées. Une victime pourrait se faire dire par de prétendus « policiers » ou « auditeurs » qu’elle a été accusée à tort d’un crime, mais que son nom sera blanchi immédiatement si elle effectue un paiement. Ou encore, un prétendu « agent du fisc » pourrait affirmer que des pénalités fiscales sont dues et doivent être réglées immédiatement pour éviter une arrestation. Les renseignements personnels déjà recueillis par les fraudeurs servent de moyen de pression.

Voici maintenant le cyberextorqueur alimenté par l’IA

Les outils d’intelligence artificielle générative rendent ce type de fraude encore plus convaincant grâce à des vidéos, documents ou enregistrements audio hypertruqués (« deepfakes ») qui imitent de véritables figures d’autorité et donnent ainsi une apparence de légitimité à l’extorsion.

Lorsqu’une personne que vous craignez et respectez vous ordonne de coopérer, il peut être difficile de refuser.

À retenir :

Le secret est toujours suspect. Les fraudeurs qui usurpent l’identité d’une autorité cherchent à vous isoler en vous ordonnant de ne parler ni à votre gestionnaire, ni à votre famille, ni à votre équipe TI. Ne vous laissez pas isoler.

Et rappelez-vous : les policiers ne sont pas des voleurs. Les voleurs sont des voleurs — et nous les signalons à la police.